La tranche marginale d'imposition (TMI) ne détermine pas le rendement du Girardin — il reste autour de 10 % quelle que soit la tranche. Ce qu'elle détermine, c'est la capacité d'absorption : combien d'impôt vous avez à réduire, et donc quelle enveloppe vous pouvez mobiliser. Un contribuable à TMI 11 % peut techniquement souscrire, mais son gain absolu sera marginal. Un contribuable à 45 % bute systématiquement sur le plafond dérogatoire de 18 000 € et ne peut pas aller au-delà — quand bien même son impôt dépasse largement ce seuil.
Le tableau ci-dessous illustre cette mécanique sur des montants typiques. Les calculs utilisent le ratio moyen du plein droit : pour obtenir 1 € de réduction, l'investisseur apporte environ 0,909 €. Le gain net est la différence entre la réduction obtenue et l'apport versé.
Image : © Martpan (Lucie2beaugency), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Gain net indicatif par tranche d'imposition
| TMI | Profil type | Impôt ciblé | Apport | Réduction | Gain net |
|---|---|---|---|---|---|
| 11 % | Primo-entrant | 2 500 € | 2 273 € | 2 500 € | +227 € |
| 30 % | Fonctionnaire cat. A | 8 000 € | 7 273 € | 8 000 € | +727 € |
| 41 % | Cadre supérieur | 15 000 € | 13 636 € | 15 000 € | +1 364 € |
| 41 % — max | Foyer double revenu | 18 000 € | 16 364 € | 18 000 € | +1 636 € |
| 45 % | Libéral, dirigeant | >18 000 € | 16 364 € | 18 000 € (plafond) | +1 636 € |
Calculs indicatifs avec ratio 90,9 % (plein droit, gain moyen). Varie selon l'opérateur et le territoire. Non contractuel.
Trois profils, trois réalités fiscales
Le fonctionnaire de catégorie A (TMI 30 %) est souvent le profil qui découvre le Girardin le plus tard — et parfois à tort, qui s'en croit exclu. Avec un impôt annuel entre 6 000 et 10 000 €, la souscription Girardin lui permet de récupérer 550 à 900 € nets en un an. Ce n'est pas le gain maximal possible, mais c'est un rendement de 10 % sur un placement d'un an, totalement exonéré d'aléa immobilier ou boursier. Le fonctionnaire a par ailleurs un avantage structurel : la prévisibilité de son revenu facilite le calibrage de la souscription par rapport à l'impôt estimé, limitant le risque de sur-souscription.
Le cadre supérieur du secteur privé (TMI 41 %) est le profil central du Girardin. Avec un impôt entre 12 000 et 20 000 €, il peut souvent utiliser la quasi-totalité du plafond dérogatoire de 18 000 €. Pour ce profil, le Girardin représente non seulement un gain net annuel de 1 300 à 1 600 €, mais aussi une réduction fiscale équivalant à 60 à 100 % de son impôt sur le revenu. C'est souvent pour ce profil que le Girardin fait basculer l'équation annuelle de l'imposition — transformant une charge fiscale subie en levier financier actif.
Le professionnel libéral ou le dirigeant (TMI 45 %) est celui dont l'impôt dépasse presque toujours 18 000 €. Médecin spécialiste, avocat associé, chef d'entreprise en dividendes — ces profils buttent systématiquement sur le plafond dérogatoire. Le gain net de 1 636 € est constant quelles que soient leurs revenus réels au-delà du seuil. La stratégie pour ce profil est différente : combiner le Girardin (18 000 € plafond) avec d'autres dispositifs de droit commun (PER, dons, emploi à domicile dans la limite des 10 000 € séparés) pour maximiser l'ensemble de l'avantage fiscal annuel.
La tranche 41 % dans le barème : le point de bascule
La tranche à 41 % est celle où le Girardin passe du statut d'outil accessoire à celui d'outil principal. C'est à partir de ce niveau d'imposition que la réduction représente typiquement plus de 50 % de l'impôt dû — un effet de levier significatif. Le barème progressif de l'impôt sur le revenu publié par service-public.fr permet d'identifier précisément à quel revenu imposable votre foyer entre dans cette tranche, selon le nombre de parts fiscales. À titre d'illustration : pour une part, la tranche à 41 % s'applique à la fraction du revenu imposable entre 78 571 € et 168 994 € (barème 2024 sur revenus 2023). Pour deux parts (couple sans enfant), ce seuil est doublé.
La TMI ne dit pas tout, cependant. Ce qui importe pour le Girardin, c'est le montant d'impôt net à payer, après imputation de tous les avantages fiscaux déjà mobilisés. Un contribuable à TMI 41 % mais bénéficiant déjà de 10 000 € de réductions diverses (dons, PER) ne disposera que de 8 000 € d'espace dans le plafond dérogatoire Girardin — pas 18 000 €. Le calcul optimal nécessite une vision complète de la situation fiscale.