Le dispositif Girardin, fondé sur l'article 199 undecies B du Code général des impôts, permet à tout contribuable assujetti à l'impôt sur le revenu en France de bénéficier d'une réduction fiscale directe en finançant des équipements productifs ou des logements sociaux dans les départements et collectivités d'Outre-mer. Contrairement aux déductions classiques, il s'agit d'une réduction appliquée en une seule fois sur l'impôt dû au titre de l'année de souscription — ce que les praticiens appellent un investissement one-shot. Depuis sa création, ce mécanisme a injecté plusieurs centaines de millions d'euros dans le tissu économique ultramarin : selon les données publiées par le gouvernement, le régime d'aide fiscale à l'investissement productif (RAFIP) dans les Outre-mer représentait un coût global de 827 millions d'euros pour les finances publiques en 2022, traduisant un volume d'investissements réels dans les économies locales. Financière Outre-Mer accompagne contribuables et conseillers en gestion de patrimoine dans la mise en œuvre sécurisée de ces opérations depuis plus de dix ans.
Image : © Nico&Co, 2009 — Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Comment fonctionne le mécanisme d'investissement Girardin ?
Le contribuable souscrit des parts dans une société de portage — société en nom collectif (SNC) ou société par actions simplifiée (SAS) selon le régime choisi — créée spécifiquement pour acquérir des équipements neufs destinés à être loués à une entreprise ultramarine éligible. Cette location dure au minimum cinq ans. À l'issue de cette période, la société de portage est liquidée et le matériel est généralement cédé à l'exploitant pour une valeur résiduelle symbolique.
En contrepartie de sa participation, le souscripteur bénéficie d'une réduction d'impôt calculée sur la base de l'investissement effectué par la société. Cette réduction est supérieure à l'apport initial : le différentiel constitue le « rendement fiscal » de l'opération, dont le montant exact dépend du territoire, du secteur et de la structure de l'opération. Le gain est acquis dès l'année de souscription et n'est pas reportable. Pour comprendre la mécanique de la société de portage, la durée d'engagement et les étapes de clôture, consultez notre page sur le fonctionnement du Girardin.
Plein droit ou agrément préfectoral : deux régimes distincts
Le Girardin industriel se décline en deux régimes aux contraintes bien différentes. Le régime de plein droit s'applique aux opérations dont le montant hors taxes est strictement inférieur à 250 000 €. Il est accessible sans démarche administrative préalable auprès de la préfecture, via une SNC. C'est la voie utilisée par la grande majorité des particuliers qui souhaitent optimiser leur imposition annuelle.
Le régime d'agrément préfectoral concerne les opérations égales ou supérieures à 250 000 € HT, montées en SAS. La procédure est plus longue — plusieurs mois pour obtenir l'agrément de la préfecture compétente — mais elle ouvre l'accès à des montages de plus grande envergure. La rétrocession légale de l'avantage fiscal à l'exploitant ultramarin diffère également : au minimum 56 % de l'avantage en plein droit, contre au minimum 66 % en régime agréé. Cette rétrocession ne prend pas la forme d'un versement en numéraire ; elle se traduit par une réduction du loyer facturé à l'entreprise bénéficiaire, lui permettant d'accéder à des équipements neufs à un coût significativement inférieur au marché.
Les taux de réduction applicables par territoire et par régime — 38,25 % pour les DOM standard, 45,9 % pour la Guyane, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna — sont publiés dans le barème officiel du Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP).
Quel contribuable est éligible à la défiscalisation Girardin ?
Tout contribuable dont la résidence fiscale est établie en France — métropole ou DOM — peut souscrire au Girardin, à condition de disposer d'une imposition suffisante. En pratique, le dispositif est particulièrement adapté aux foyers présentant une tranche marginale d'imposition (TMI) de 30 % ou plus : cadres supérieurs, professions libérales (médecins, chirurgiens-dentistes, avocats, notaires, architectes), gérants de société et chefs d'entreprise.
Le plafond dérogatoire est fixé à 18 000 € par foyer et par an (article 200-0 A, II du CGI), contre 10 000 € pour le plafond de droit commun applicable à la majorité des niches fiscales. Ce plafond de 18 000 € n'est pas additionnel au plafond standard : il le remplace et l'englobe, et n'est partagé qu'avec le dispositif SOFICA (financement du cinéma français). En pratique, cela signifie qu'un foyer combinant d'autres avantages fiscaux (Pinel résiduel, FCPI, etc.) pourra néanmoins optimiser son imposition jusqu'au plafond de 18 000 € via le Girardin, sans que les autres niches viennent l'amputer. Pour analyser votre situation personnelle et valider votre éligibilité, consultez notre page éligibilité au Girardin.
Le contexte économique des territoires ultramarins
Pour comprendre l'intérêt du Girardin, il faut appréhender la réalité économique des Outre-mer français. L'insularité et l'éloignement génèrent des surcoûts structurels considérables sur les équipements importés — de l'ordre de 20 à 40 % par rapport aux prix métropolitains selon les territoires. Cette contrainte pèse lourdement sur les TPE et PME locales qui cherchent à se moderniser ou à développer leur activité. Dans des secteurs comme l'hôtellerie, l'agriculture, l'artisanat ou la pêche, le renouvellement du matériel est souvent différé faute de financement accessible. Le Girardin crée une jonction entre des capitaux métropolitains cherchant une optimisation fiscale et des entreprises ultramarines en besoin d'équipement : les deux parties y trouvent un avantage économique réel, sous supervision réglementaire.
En Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion ou à Mayotte, les secteurs financés via le Girardin industriel couvrent un large spectre : matériel agricole (tracteurs, équipements d'irrigation), outillage professionnel, équipements hôteliers et de restauration, véhicules de transport (sous conditions), installations liées aux énergies renouvelables, et équipements de BTP. Les secteurs du commerce de détail, du tourisme de plaisance et des services financiers sont généralement exclus du champ des équipements éligibles.
Prorogation jusqu'au 31 décembre 2029 : visibilité confirmée
La loi de finances pour 2024 (loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023) a prorogé le Girardin industriel jusqu'au 31 décembre 2029 pour l'ensemble des territoires visés par l'article 199 undecies B du CGI. Cette prorogation offre une visibilité pluriannuelle aux investisseurs comme aux entreprises bénéficiaires et aux opérateurs. Il convient de noter qu'un article du projet de loi de finances pour 2026 proposant une réduction de 25 % des taux de réduction a été retiré lors des débats parlementaires : le dispositif demeure donc inchangé dans ses paramètres essentiels jusqu'en 2029.
Le rôle de Financière Outre-Mer dans la structuration des opérations
En tant qu'opérateur agréé, Financière Outre-Mer prend en charge l'intégralité du montage : sélection des équipements éligibles et vérification de leur conformité réglementaire, identification et audit des entreprises locataires ultramarines, rédaction des actes juridiques de la société de portage, émission des dossiers de souscription transmis aux investisseurs et à leurs conseils, suivi de la période d'engagement et coordination de la clôture en fin d'opération. Chaque dossier fait l'objet d'une documentation complète incluant les statuts de la SNC ou SAS, le contrat de location, les justificatifs d'éligibilité de l'équipement et les attestations fiscales nécessaires à la déclaration.
Nos interventions couvrent l'ensemble des volets du Girardin :
- Financement d'équipements productifs dans les secteurs agricole, hôtelier, artisanal, des énergies renouvelables et du transport maritime — notre page Girardin industriel plein droit
- Construction et réhabilitation de logements sociaux dans les DOM — notre page Girardin social et logement
- Analyse des avantages comparés et des risques inhérents au dispositif — pages avantages et risques de notre rubrique thématique
Cet article est à caractère informatif et ne constitue pas un conseil en investissement financier. Le dispositif Girardin comporte des risques, notamment de nature fiscale, juridique et opérationnelle, détaillés dans la documentation remise à chaque souscripteur. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Financière Outre-Mer est un opérateur agréé, non un conseiller en investissements financiers au sens du règlement AMF.