Investir en Outre-mer via le dispositif Girardin répond à un double objectif économique : optimiser sa fiscalité personnelle tout en participant concrètement au développement des territoires ultramarins. Ce mécanisme, fondé sur l'article 199 undecies B du Code général des impôts, mobilise des capitaux privés au service des TPE et PME locales qui ne disposent pas, seules, des ressources nécessaires pour acquérir les équipements indispensables à leur développement. L'éloignement géographique, l'insularité et la dépendance aux importations créent des surcoûts structurels considérables que le Girardin contribue à compenser — au bénéfice simultané de l'investisseur métropolitain et de l'entrepreneur ultramarin.
Image : © Olivier Laroche (Horza), 2010 — Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Pourquoi investir en Outre-mer : une réalité économique à comprendre
Les Outre-mer français présentent des caractéristiques économiques particulières : taux de chômage structurellement élevé, coût de la vie supérieur à la métropole, difficultés d'accès au crédit bancaire pour les PME locales, et dépendance forte aux importations pour les équipements professionnels. Une machine agricole, un four professionnel ou un véhicule de transport peut coûter 30 à 40 % plus cher en Guadeloupe ou à La Réunion qu'en France métropolitaine, en raison des frais de fret maritime, des taxes d'octroi de mer et des délais logistiques. Pour les artisans, les hôteliers et les agriculteurs locaux, le renouvellement du parc matériel est une contrainte majeure.
C'est précisément dans ce contexte que le Girardin industriel intervient. En créant une incitation fiscale pour les investisseurs métropolitains, l'État redirige des capitaux privés vers ces économies insulaires sans mobiliser de dépense budgétaire directe. Le régime d'aide fiscale à l'investissement productif (RAFIP) représentait 827 millions d'euros de coût fiscal en 2022 selon les données gouvernementales — une mesure du volume d'investissements réels induits dans les Outre-mer.
Les territoires éligibles au Girardin industriel
Le dispositif couvre l'ensemble des départements et collectivités d'Outre-mer français visés par l'article 199 undecies B du CGI. Pour les DOM — Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte — le taux de réduction standard est de 38,25 %. La Guyane et Mayotte bénéficient d'un taux majoré de 45,9 %, identique à celui appliqué à Saint-Pierre-et-Miquelon et aux îles Wallis-et-Futuna. Les collectivités d'Outre-mer comme la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont également éligibles, chacune avec ses spécificités réglementaires locales.
Saint-Martin, collectivité dotée d'un statut particulier depuis 2007, mérite une attention spécifique : son régime fiscal propre et l'absence d'octroi de mer impliquent un traitement distinct pour certaines opérations. De même, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française disposent d'une compétence fiscale partiellement autonome, ce qui influe sur la structuration des montages Girardin. Pour analyser les opportunités spécifiques à chaque territoire, consultez nos pages dédiées — notamment investir en Guadeloupe et investir en Guyane.
Quels secteurs d'activité sont financés ?
Le Girardin industriel finance des équipements destinés à des entreprises ultramarines exerçant dans des secteurs éligibles définis par la loi. Les activités concernées incluent l'agriculture, l'élevage, la pêche et l'aquaculture ; l'artisanat et les métiers manuels ; l'hôtellerie et la restauration ; le BTP et les travaux publics ; les énergies renouvelables (à l'exception du photovoltaïque résidentiel dans certains cas) ; et le transport de marchandises ou de passagers sous conditions de territorialité.
Certains secteurs sont en revanche exclus du champ éligible : le commerce de détail, les services financiers, les activités de promotion immobilière, le tourisme de plaisance et la navigation de plaisance. Ces exclusions visent à concentrer l'avantage fiscal sur les activités productives à fort impact économique local, et à éviter les effets d'aubaine sur des secteurs déjà soutenus par d'autres dispositifs. Les secteurs exclus et leurs nuances sont documentés dans le BOFiP — Secteurs d'activité exclus (BOI-BIC-RICI-20-10-10-40).
La mécanique du financement : investisseur, exploitant, banque
La structure type d'un montage Girardin industriel répartit le financement d'un équipement entre trois parties. L'entreprise locataire ultramarine apporte généralement 10 % du coût du matériel. Un financement bancaire, contracté auprès d'un établissement local ou métropolitain, couvre environ 60 %. Les investisseurs particuliers métropolitains, réunis dans la société de portage, fournissent les 25 à 30 % restants via leur souscription.
En contrepartie de cet apport, les investisseurs reçoivent une réduction d'impôt calculée sur la base de l'investissement total de la société. L'exploitant bénéficie de la rétrocession légale : au minimum 56 % de l'avantage fiscal en plein droit (66 % en régime d'agrément), se traduisant par un loyer réduit sur cinq ans. À l'issue de la période d'engagement, la société est liquidée et le matériel est transféré à l'entreprise exploitante. L'investisseur récupère sa mise initiale via la réduction d'impôt, sans conservation d'actif dans son patrimoine personnel. Pour tous les détails sur les étapes de l'opération, voir notre page sur le fonctionnement du Girardin.
Girardin industriel et autres dispositifs de défiscalisation Outre-mer
Depuis le 1er janvier 2025, le dispositif Pinel Outre-mer a cessé de s'appliquer aux nouvelles acquisitions, remplacé par le CIOP (Crédit d'impôt pour l'investissement Outre-mer productif). Le Girardin industriel demeure donc le dispositif de référence pour les contribuables souhaitant réduire significativement leur impôt sur le revenu via un investissement ultramarin. Son plafond dérogatoire de 18 000 € par foyer et par an le distingue nettement des dispositifs soumis au plafond de droit commun de 10 000 €. Pour comprendre l'articulation entre les différents plafonds et dispositifs, consultez notre page sur la réduction d'impôt Girardin.
Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion — des opportunités sectorielles distinctes
Chaque territoire ultramarin présente un profil économique et sectoriel propre. La Guadeloupe et la Martinique se distinguent par leur tissu touristique et hôtelier développé, ainsi que par leur agriculture (banane, canne à sucre, diversification maraîchère). La Guyane, territoire continental aux ressources naturelles vastes, concentre des besoins en équipements agricoles, miniers et forestiers, avec des projets à plus grande échelle. La Réunion, la plus peuplée des DOM, présente une économie diversifiée où l'artisanat, la logistique et les services aux entreprises sont en forte croissance. Mayotte, département depuis 2011, est le territoire à plus fort potentiel de développement économique — et à plus fort besoin en équipements de base.
Financière Outre-Mer dispose d'un réseau de partenaires locaux dans chacun de ces territoires, permettant d'identifier des entreprises locataires solides et des équipements éligibles dans des secteurs à forte valeur ajoutée économique locale. Nous intervenons sur l'ensemble des DOM-COM, avec une attention particulière portée aux contextes réglementaires locaux et aux spécificités de chaque filière.
Cet article est à caractère informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les opérations Girardin comportent des risques fiscaux, juridiques et opérationnels décrits dans les dossiers de souscription. Le rendement fiscal dépend de la situation personnelle de chaque souscripteur. Financière Outre-Mer est un opérateur agréé, non un conseiller en investissements financiers au sens du règlement AMF.