
Image : © C. Giral, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons
Qu'est-ce que le Girardin industriel ?
Le Girardin industriel est un dispositif de défiscalisation créé par la loi Girardin de 2003 (loi n° 2003-660 du 21 juillet 2003) et codifié à l'article 199 undecies B du Code général des impôts. Il permet à un contribuable domicilié fiscalement en France métropolitaine de réduire son impôt sur le revenu en finançant l'acquisition de matériel neuf destiné à être loué à une entreprise exploitante installée dans un département ou une collectivité d'Outre-mer.
Le mécanisme repose sur un investissement dit "en one shot" : l'investisseur place des fonds une seule fois, obtient une réduction d'impôt supérieure aux sommes investies dès l'année suivante, et voit ses parts de société cédées à l'exploitant pour l'euro symbolique à l'issue d'une période de cinq ans. Il n'y a pas de revenus locatifs imposables, pas de gestion active, et pas de patrimoine à revendre à l'issue de l'opération.
Le fonctionnement étape par étape
Une opération Girardin industriel se déroule en cinq phases :
- Création de la SNC : une société en nom collectif (SNC) est constituée par l'opérateur Girardin pour porter l'investissement. L'investisseur souscrit des parts de cette SNC en versant les fonds correspondant à son apport.
- Acquisition du matériel : la SNC utilise les fonds collectés pour acheter le matériel neuf éligible — équipements industriels, matériel agricole, équipements touristiques, installations d'énergie renouvelable — auprès d'un fournisseur sélectionné par l'opérateur.
- Location à l'exploitant : la SNC loue le matériel à une entreprise exploitante ultramarine pour une durée minimale de cinq ans, moyennant un loyer mensuel ou trimestriel fixé dans le bail.
- Réduction d'impôt : l'investisseur déclare sa réduction d'impôt Girardin dans sa déclaration de revenus de l'année de souscription (formulaire 2042 C), et bénéficie d'une réduction calculée sur le montant investi selon le taux applicable à son territoire.
- Dissolution de la SNC : au terme de la période de location de cinq ans, la SNC est dissoute et les parts sont cédées à l'exploitant pour l'euro symbolique. L'investisseur récupère sa réduction d'impôt nette et sort de l'opération sans passif résiduel.
Qui peut investir en Girardin industriel ?
Le Girardin industriel est accessible à tout contribuable domicilié fiscalement en France au sens de l'article 4 B du CGI, imposé à l'impôt sur le revenu dans une tranche marginale d'au moins 30 %. La réduction d'impôt n'étant pas remboursable si elle dépasse l'impôt dû, un investisseur faiblement imposé risque de perdre tout ou partie de l'avantage fiscal. Le profil idéal est un contribuable en TMI 41 % ou 45 %, avec un impôt sur le revenu annuel d'au moins 5 000 €, souhaitant réduire significativement sa charge fiscale sans immobiliser de capital sur le long terme.
Les taux de réduction applicables en 2026
Le taux de réduction d'impôt varie selon le territoire d'implantation de l'investissement. Pour les DOM (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Guyane, Mayotte), le taux de base est de 38,25 % du montant investi pour les opérations de plein droit. Pour la Guyane et Mayotte, un taux majoré de 45,9 % est applicable en raison des handicaps structurels spécifiques à ces territoires. Ces taux peuvent être portés à 53,55 % ou 63,42 % pour certaines catégories d'investissements particulièrement prioritaires (énergies renouvelables, production agricole, certains secteurs industriels).
Pour les collectivités d'Outre-mer (Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon, Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna), des taux spécifiques s'appliquent selon des règles définies à l'article 199 undecies B, IV du CGI.
Avantages et limites du dispositif
L'avantage principal du Girardin industriel est son rendement fiscal immédiat : pour un investissement réalisé avant le 31 décembre d'une année N, la réduction d'impôt est acquise dès la déclaration de revenus déposée au printemps N+1 et imputable sur l'impôt payé en septembre N+1. Il n'existe pas d'autre dispositif légal permettant d'obtenir une réduction d'impôt supérieure aux sommes investies dans un délai aussi court.
La limite principale est l'absence de récupération du capital investi : contrairement à un investissement immobilier, les sommes versées dans une SNC Girardin ne sont pas récupérées à l'issue de l'opération (les parts étant cédées pour l'euro symbolique). L'investisseur "perd" son capital initial mais le compense largement par la réduction d'impôt obtenue, dont le montant est supérieur aux sommes investies.
Source de référence : BOFiP — BOI-IR-RICI-80, Réductions d'impôt pour investissements dans les départements d'Outre-mer.
Cet article est à caractère informatif et ne constitue pas un conseil en investissement au sens de la directive MIF II. Les dispositifs fiscaux présentés — notamment le Girardin industriel (art. 199 undecies B du CGI) — comportent des risques, parmi lesquels la remise en cause de la réduction d'impôt en cas de non-respect des conditions légales. Avant toute souscription, consultez un conseiller en gestion de patrimoine habilité et examinez attentivement la note d'information de l'opération. Financière Outre-Mer est un opérateur agréé sous le numéro préfectoral 102025 971 004.