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Durée d'engagement dans une opération Girardin industriel

Usine géothermique de Bouillante — infrastructure durable en Guadeloupe
La centrale géothermique de Bouillante (Guadeloupe), mise en service sur le long terme, illustre le type d'infrastructure productive que le Girardin industriel contribue à financer.
Image : © LPLT, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Durée d'engagement dans un investissement Girardin industriel

L'une des conditions les plus importantes du dispositif Girardin industriel est la durée minimale d'engagement. Le bien financé doit être maintenu en exploitation dans un département ou une collectivité d'outre-mer pendant une période incompressible. Ce délai n'est pas une formalité : c'est la condition sine qua non pour que la réduction d'impôt accordée à l'investisseur ne soit pas remise en cause par l'administration fiscale.

Cinq ans : la règle de base

Pour les investissements Girardin industriel réalisés via une SNC (société en nom collectif), la durée minimale d'exploitation est fixée à cinq ans à compter de la date de mise en service du bien. C'est la disposition du Code général des impôts, article 199 undecies B, telle que commentée par le BOFiP (BOI-IR-RICI-80).

Cette durée de cinq ans est dite incompressible : aucun accord entre les parties (SNC, exploitant, investisseur) ne peut y déroger. Un bien cédé avant l'échéance des cinq ans entraîne automatiquement la reprise de la réduction d'impôt par l'administration fiscale, avec application d'intérêts de retard. C'est une clause légale d'ordre public.

Qu'est-ce que la mise en service ?

Le point de départ du délai de cinq ans est la date de mise en service du bien, et non la date d'investissement ou la date de signature du pacte d'associés. La mise en service correspond au moment où le bien est effectivement livré à l'exploitant local et commence à être utilisé dans son activité économique.

Cette distinction est importante en pratique. Entre la date à laquelle l'investisseur s'engage (et verse ses fonds dans la SNC) et la date de mise en service, il peut s'écouler plusieurs semaines ou plusieurs mois, notamment pour les équipements industriels nécessitant une installation spécifique. Pendant cette période intermédiaire, le bien est en transit ou en cours d'installation : le délai de cinq ans n'a pas encore commencé.

FOM communique la date exacte de mise en service à chaque associé. Cette date est consignée dans l'attestation annuelle que la SNC remet aux associés investisseurs, et qui sert de justificatif lors de la déclaration 2042-IOM.

Que se passe-t-il pendant les cinq ans ?

Durant toute la période d'engagement, la SNC reste propriétaire du bien. Elle l'a mis à disposition de l'exploitant local (artisan, commerçant, agriculteur, entrepreneur) par un contrat de crédit-bail ou de location assortie d'une promesse de vente. En contrepartie, l'exploitant verse des loyers à la SNC, qui servent à rembourser progressivement le crédit-vendeur consenti par FOM.

Pendant cette période, FOM assure le suivi opérationnel de l'opération : contrôle du versement des loyers, vérification du maintien du bien en exploitation, relation avec l'exploitant et traitement des éventuels incidents. L'associé investisseur n'a pas à intervenir dans la gestion courante de la SNC.

La doctrine fiscale BOFiP précise que le bien doit rester dans les DOM ou COM désignés et ne peut pas être déplacé vers l'Hexagone sans entraîner la remise en cause des avantages fiscaux. Le maintien dans le territoire outre-mer est une condition substantielle de l'agrément.

En cas de défaillance de l'exploitant

Une inquiétude légitime des investisseurs concerne la solidité de l'exploitant local. Si ce dernier cesse son activité ou ne parvient plus à payer les loyers avant la fin des cinq ans, que se passe-t-il ?

La clause de non-recours, systématiquement intégrée dans les contrats Girardin de FOM, protège l'investisseur : la défaillance de l'exploitant n'est pas de la responsabilité de l'associé. FOM prend en charge la recherche d'un exploitant de remplacement, dans un délai défini contractuellement, afin de maintenir le bien en exploitation et de préserver l'intégrité fiscale de l'opération.

La G3F (garantie de bonne fin fiscale), disponible en option sur certaines opérations, couvre également le risque de remise en cause fiscal en cas d'interruption temporaire d'exploitation. La souscription de la G3F entraîne un coût supplémentaire qui réduit le rendement net de l'opération, mais renforce la sécurité de l'investisseur.

La cession à l'euro symbolique : fin du cycle

À l'issue des cinq ans, le cycle s'achève par la cession à l'euro symbolique. La SNC transfère formellement la propriété du bien à l'exploitant local pour le prix symbolique d'un euro. Cet acte juridique marque la fin de l'opération Girardin.

Pour l'investisseur, cette cession ne génère aucune imposition supplémentaire : la valeur résiduelle du bien dans les comptes de la SNC est nulle (entièrement amortie), et l'associé a déjà bénéficié de l'intégralité de sa réduction d'impôt l'année suivant la mise en service. La cession à l'euro symbolique n'est pas une cession à perte : elle est la conclusion normale et prévue du montage.

Pour aller plus loin, consultez la page sur la sortie d'opération Girardin qui détaille les modalités juridiques et fiscales de cette cession. Le montage juridique explique quant à lui les flux financiers qui se déroulent pendant ces cinq années.

Avertissement : les informations présentées sur cette page sont de nature générale et pédagogique. Elles ne constituent pas un conseil en investissement ou un conseil fiscal personnalisé. Les conditions fiscales peuvent évoluer. la Financière Outre-Mer vous invite à consulter un conseiller compétent avant tout engagement.

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