Cas pratique Girardin : rentier à la TMI 45 %

Marché de Basse-Terre, Guadeloupe
Marché de Basse-Terre, chef-lieu de la Guadeloupe — département d'outre-mer au cœur des opérations Girardin industriel
Image : © David Stanley, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Le rentier — au sens de contribuable dont les revenus sont principalement issus du patrimoine (revenus fonciers, dividendes, plus-values, intérêts) et non d'une activité professionnelle — présente un profil fiscal particulier pour le Girardin industriel. La question centrale est de déterminer quelle partie de ses revenus est soumise au barème progressif de l'IR et constitue donc la base d'imputation de la réduction.

Fiscalité du rentier : revenus mixtes et mécanismes distincts

Les revenus du patrimoine sont soumis à des régimes fiscaux variés. Les revenus fonciers nets (loyers après déduction des charges, intérêts d'emprunt, travaux) sont imposés au barème progressif de l'IR et entrent donc dans la base d'imputation Girardin. Les dividendes sont en principe soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS), sauf option pour le barème progressif. Les plus-values mobilières sont également soumises par défaut au PFU. Les intérêts de compte à terme et obligations suivent la même règle PFU. Cadre réglementaire de référence : BOFiP BOI-RPPM-RCM-10.

Pour le rentier, seule la partie de l'IR calculée au barème progressif — notamment sur les revenus fonciers — est imputable par le Girardin. L'IR acquitté au titre du PFU sur dividendes et plus-values n'entre pas dans cette base.

Profil type du rentier et simulation Girardin

Ce cas pratique repose sur le profil suivant : contribuable de 60 ans sans activité professionnelle, percevant 80 000 € de revenus fonciers nets et 50 000 € de dividendes soumis au PFU. L'IR sur revenus fonciers s'élève à environ 25 000 € (TMI 41 %). L'IR sur dividendes est de 6 400 € (PFU 12,8 %). L'IR total est de 31 400 €, mais la partie imputable par le Girardin est limitée aux ~ 25 000 € issus du barème progressif sur revenus fonciers.

Paramètre Valeur
IR barème progressif (revenus fonciers)~ 25 000 €
IR PFU (dividendes)~ 6 400 € (non imputable Girardin)
Souscription Girardin recommandée12 500 €
Réduction one-shot obtenue~ 15 000 €
Économie nette~ 2 500 €

Rendement brut illustratif de ~20 %. La réduction est plafonnée à l'IR barème disponible (~ 25 000 €), ce qui limite la souscription optimale à ~ 12 500 € dans cet exemple.

Option barème pour les dividendes : quel impact ?

Si le rentier opte pour l'imposition de ses dividendes au barème progressif (option globale, art. 200 A CGI), deux effets se produisent. D'un côté, l'IR total au barème augmente (les 50 000 € de dividendes s'ajoutent aux revenus fonciers), ce qui peut porter l'IR barème de 25 000 € à 40 000 € ou plus — augmentant la base Girardin disponible. De l'autre côté, l'impôt total peut augmenter si la TMI sur les dividendes dépasse 12,8 % (seuil PFU) : à TMI 41 %, l'option barème coûte 28,2 points d'IR supplémentaire sur les dividendes. L'arbitrage n'est favorable que si la TMI marginale des dividendes est inférieure à 30 % — ce qui n'est pas le cas ici. L'option barème n'est donc pas recommandée dans cet exemple.

Stratégie pluriannuelle et revenus fonciers

Les revenus fonciers du rentier sont généralement stables et prévisibles, ce qui facilite la planification pluriannuelle du Girardin. Une souscription régulière de 12 000 € à 15 000 € par an (selon le niveau exact de l'IR barème) permet de tirer parti du plafond disponible chaque exercice. Sur cinq exercices, l'économie nette cumulée avoisine 12 500 € à 15 000 €.

La réduction peut être significativement augmentée si des travaux importants (déficit foncier) viennent, certaines années, réduire le revenu foncier net imposable — et donc l'IR disponible. Dans ce cas, la souscription Girardin doit être calibrée à la baisse pour cette année spécifique. La stratégie de lissage pluriannuel s'applique directement à ce profil. La page TMI 41 % présente les scénarios les plus fréquents pour ce niveau de revenus.

Clause de non-recours et profil patrimonial

Pour un rentier dont le patrimoine est déjà constitué, le Girardin représente un investissement court (15 000 € immobilisés cinq ans sans récupération de capital) pour un rendement net modeste (3 000 €) mais certain et non imposable. La clause de non-recours est systématiquement présente et limite la responsabilité à la mise initiale. La Garantie de Bonne Fin (G3F) est une option complémentaire payante utile pour les rentiers qui souhaitent sécuriser la position fiscale sans démarche administrative. Financière Outre-Mer opère sous l'agrément préfectoral n° 102025 971 004 et accompagne chaque souscripteur dans l'ensemble du processus déclaratif sur les cinq ans d'engagement.

Avertissement : ce cas pratique est illustratif. La situation d'un rentier est spécifique et requiert une analyse personnalisée de la composition des revenus, notamment pour déterminer la part éligible à l'imputation Girardin. Consultez un conseiller fiscal agréé avant toute décision d'investissement.