
Image : © Krzysztof Golik (Tournasol7), CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
Les assurances dans une opération Girardin industriel
Dans un montage Girardin industriel, la SNC confie un bien de valeur à un exploitant local pour une durée de cinq ans. Pendant cette période, le bien doit rester opérationnel, en bon état, et continuer à générer les loyers qui remboursent le crédit-vendeur. Pour protéger l'intégrité de l'opération, des assurances spécifiques sont contractuellement exigées des exploitants par FOM. Ces assurances constituent un maillon essentiel de la chaîne de protection des investisseurs.
Les assurances obligatoires pour l'exploitant
FOM impose contractuellement à chaque exploitant local la souscription et le maintien de deux types d'assurances pendant toute la durée de l'engagement :
1. La responsabilité civile professionnelle (RC Pro). Cette assurance couvre les dommages causés à des tiers dans le cadre de l'activité professionnelle de l'exploitant. Si un équipement Girardin cause un accident ou un préjudice à un tiers, la RC Pro de l'exploitant prend en charge les indemnisations. Pour la SNC (et donc pour les investisseurs), cette assurance évite que la responsabilité du sinistre remonte indirectement à la structure porteuse du bien.
2. L'assurance dommages matériels. Cette assurance couvre les dommages physiques subis par le bien lui-même (incendie, vol, catastrophe naturelle, casse accidentelle). Si l'équipement financé est détruit ou gravement endommagé, l'assurance permet d'en obtenir la réparation ou le remplacement. La continuité d'exploitation — et donc le versement des loyers — est ainsi préservée.
Pourquoi ces assurances protègent l'investisseur
L'investisseur Girardin n'est pas directement bénéficiaire des assurances de l'exploitant — c'est la SNC qui l'est en tant que propriétaire du bien. Mais la chaîne de protection est directe :
- L'exploitant est assuré → le bien est protégé contre les sinistres
- Le bien est protégé → l'exploitant peut continuer son activité
- L'exploitant continue son activité → il verse les loyers à la SNC
- La SNC reçoit les loyers → elle rembourse le crédit-vendeur
- Le crédit-vendeur est remboursé → la cession à l'euro symbolique peut avoir lieu à terme
- L'opération se termine normalement → la réduction d'impôt de l'investisseur est définitivement acquise
Chaque rupture dans cette chaîne peut compromettre l'intégrité fiscale de l'opération. Les assurances de l'exploitant constituent le premier maillon de protection matérielle.
Vérification et suivi par FOM
FOM ne se contente pas d'exiger contractuellement les assurances : elle en vérifie l'existence et la validité lors de la mise en place de chaque opération, puis en assure le suivi pendant la durée de l'engagement.
Concrètement, chaque exploitant doit fournir à FOM les attestations d'assurance en cours de validité (RC Pro et dommages matériels) avant la signature du contrat de mise à disposition du bien. En cours d'engagement, FOM s'assure que ces assurances sont renouvelées annuellement et que leur niveau de couverture reste adapté.
Si un exploitant ne renouvelle pas ses assurances, FOM peut exiger la régularisation sous astreinte, et si nécessaire, initier une procédure de remplacement de l'exploitant pour préserver la sécurité de l'opération. Ce suivi actif distingue FOM d'un simple intermédiaire et constitue une garantie opérationnelle concrète pour les investisseurs.
Le cadre réglementaire des investissements éligibles, qui inclut les exigences de sécurité pour les exploitants, est précisé au BOFiP BOI-BIC-RICI-20-10-10-40.
Les assurances et la G3F : deux protections distinctes
Les assurances de l'exploitant protègent le bien et la continuité de l'opération (risque matériel et opérationnel). La G3F (garantie de bonne fin fiscale, optionnelle) protège la réduction d'impôt en cas de redressement fiscal. Ces deux mécanismes opèrent à des niveaux différents et se complètent.
La clause de non-recours, systématique dans toutes les opérations FOM, offre une troisième couche de protection en cas de défaillance financière de la SNC.
Pour aller plus loin sur la protection globale des investissements Girardin, consultez la page sur le risque financier et la page sur la page garanties de Financière Outre-Mer.
Assurances et territoire : spécificités DOM
Les départements et régions d'outre-mer présentent des risques climatiques et géologiques spécifiques qui influencent les conditions d'assurance. La Guadeloupe et la Martinique sont exposées aux cyclones tropicaux, aux séismes et aux éruptions volcaniques (Montagne Pelée en Martinique, Soufrière en Guadeloupe). La Réunion est soumise aux cyclones et aux coulées de lave liées au Piton de la Fournaise.
Ces risques naturels accrus se traduisent par des primes d'assurance généralement plus élevées dans les DOM qu'en métropole, et par des clauses spécifiques dans les contrats (franchise cyclonique, exclusion ou couverture des risques volcaniques selon les contrats). FOM intègre ces spécificités dans son évaluation des dossiers : un exploitant local dont les assurances ne couvrent pas les risques climatiques typiques de son territoire ne satisfait pas aux exigences contractuelles.
Cette vigilance est d'autant plus importante que les DOM sont soumis, pour la réglementation des assurances, au droit commun français complété par des dispositions locales historiques. La garantie catastrophes naturelles (loi du 13 juillet 1982) s'applique aux DOM sous conditions d'arrêté ministériel de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle — un mécanisme qui peut jouer un rôle complémentaire en cas de sinistre majeur affectant un bien Girardin.
Assurances et responsabilité des associés de SNC
Un aspect important, souvent méconnu des investisseurs Girardin : les associés d'une SNC sont en principe responsables solidairement et indéfiniment des dettes de la société. C'est pourquoi la clause de non-recours est systématique dans toutes les opérations FOM — elle neutralise contractuellement cette responsabilité illimitée.
Les assurances de l'exploitant constituent une couche de protection complémentaire : si le bien est endommagé et que l'assurance indemnise sa réparation, la SNC n'a pas à assumer le coût de la remise en état — ce qui réduirait d'autant le risque de pertes qui pourrait théoriquement se répercuter sur les associés.
Pour aller plus loin sur la structure juridique qui encadre ces protections, consultez la page sur la société de portage SNC et la page sur le risque financier.
Avertissement : les conditions d'assurance spécifiques varient selon les opérations et les exploitants. Les informations présentées ont un caractère général. Consultez le dossier d'investissement détaillé ou contactez Financière Outre-Mer pour les modalités applicables à chaque opération.